La voile de proximité … quand la mer se retire

Rappel vintage

Pour les citadins des grandes villes qui sont loin de la mer (Pas moins que Lille, Région parisienne, Lyon, Toulouse, etc.) l’essor de la plaisance dans les années 70 a largement bénéficié de l’essor des transports : autoroute pour la côte Normande, voies rapides en Bretagne, TGV pour la méditerranée, Air Inter, etc.

Loin de se limiter aux vacances estivales, nombre d’entre nous ont pu étendre leur pratique aux autres saisons.

 

La mer, c’est génial

Dépaysement des régions côtières, le côté aventureux, « mâle et viril » des navigations hors belle saison, le vent, la pluie, les vagues, les embruns. Ceci nous a demandé de « vrais » bateaux, habitables, chers, qui nécessitent un équipage.

Oui mais, nous nous sommes aperçus que les dames suivaient rarement, que les enfants préféraient l’été et leurs copains. Et pour parler vrai, l’ambiance d’un port de plaisance hors saison, en général, ça calme, surtout si le charme du yacht club ne compense pas.

D’autres choses évoluent

La plaisance à voile marque le pas, il y a beaucoup moins d’équipiers, les jeux de voile en composite sont devenus indispensables en régate, valent cher et ne sont pas très endurants. De plus malgré les progrès du matériel, l’entretien en milieu salé n’est toujours pas une sinécure.

Et tous comptes faits le week-end au bord de mer, ça prend du temps sur la vie familiale, c’est fatiguant, encore plus en auto, ça coute carburant et péages, le TGV doit être réservé à l’avance, que fait-on en cas de mauvais temps ? Etc.

Par ailleurs les conditions sanitaires actuelles interrogent les déplacements et la promiscuité d’un équipage.

Prise de conscience écologique

Maintenant l’empreinte carbone est dans les têtes : « gros » bateau, transports, autant de coups de canif dans le contrat-planète, qui sont sensibles aux marins souvent passionnés de mère nature. Il y a maintenant un dilemme à gérer.

 

Vivre avec son temps

Il est clair que le front de mer s’est éloigné des « voileux » des grandes villes et que ceux-ci doivent s’organiser autrement et découvrir la voile de proximité.

La voile de proximité

La voile de proximité se pratique sur des lacs ou des cours d’eau. L’eau est douce, un adjectif qui résume le contexte, car le vent est moindre et il y a rarement du clapot.

Du coup les bateaux sont petits, demandent peu ou pas d’équipier et les budgets sont raisonnables.

Les événements sont souvent organisés le samedi ou le dimanche, imaginez le confort pour la vie de famille : une demi-heure pour aller au bateau et la moitié du week-end disponible !

La solution, le Yacht Club de l’Ile de France.

L’YCIF, un des plus ancien clubs de France, est localisé sur le bassin de Meulan-Les Mureaux, à une quarantaine de kilomètres de Paris.

Il offre la possibilité de régater presque tous les week-ends d’avril à novembre ou de simplement se promener sur la Seine dans le cadre des impressionnistes : de vastes pelouses, des chaumines, un restaurant avec vue sur Seine, qui permettent à toute la famille et aux amis de passer la journée au vert à moins d’une heure de Paris en profitant d’un pique-nique, navigateurs comme spectateurs.

Des installations uniques permettant de mettre à l’eau son bateau en quelques minutes, de l’entreposer durant l’hiver dans un hangar au sec et de pouvoir bricoler tout au long de l’année.

Le club accepte toutes les séries : quillards de sport, voiliers classiques ou d’inspiration néo-classiques, dériveurs, etc.

L’YCIF dispose d’une flotte d’une soixantaine de quillards de sport, Aile – le quillard historique du Club depuis 1936, 2.4mR, Star, Flying Fifteen, Joli Morgann, 7m50, …et de dériveurs dont une flotte de 505 très dynamique qui se déplace partout en France.

Ce sont dans l’ensemble de petits bateaux (<8m) sur lesquels on navigue et régate à 1 ou 2, quelquefois 3, et dont le coût d’achat et de possession est limité.

Quelques bateaux appartenant au Club sont mis à disposition des membres.

Les mordus de voile - propriétaires ou non - comme ceux qui ont encore peu d’expérience et qui souhaitent embarquer comme équipier pour se perfectionner, sont les bienvenus.

 

Zoom sur la flotte de quillards de sport

Elle est composée majoritairement d’Ailes et de 2.4mR, agrémentée de quelques Stars, Flying Fifteen, etc.

Les Ailes naviguent en régate en solo ou avec un seul équipier et peuvent emmener une personne de plus en ballade. Au-delà de la flotte de propriétaires, le club possède quelques bateaux mis à disposition des membres ou des invités. Un marché de bateaux d’occasion très actif est géré par la classe. Un bateau coûte entre 2000 et 8000€, un jeu de voile coûte environ 1800 €. Ces bateaux sont facilement transportables et certains partent l’été vers le bord de mer ou pour des régates nationales.

 

Le 2.4mR (metric rule) est l’ancien bateau des jeux paralympiques, où s’est illustré Damien Seguin. C’est un monoplace de compétition de 4,20 m, hyper technique, avec un cockpit de Formule 1 et un piano de 15 à 20 manœuvres. Bateau de Jauge Internationale, petit frère des 12m, 8m et 6mJI le « bébé-bateau » offre un cap ahurissant d’un bord sur l’autre, les sensations d’un déplacement lourd, et une totale indifférence à la brise – la gîte augmente un peu et c’est tout …. Le barreur s’y trouve à l’abri du vent, au raz de l’eau, sensations de vitesse garanties. Les courses sont très disputées, le peloton ne consent à s’étirer qu’en toute fin de manche car les bateaux ont de vitesses très voisines, et c’est l’art de la régate qui fait la différence. Certains membres du club pratiquent le circuit international des championnats open : Luxembourg, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, etc. La plupart des bateaux français sont maintenant regroupés à l’YCIF et se partagent entre bateaux de propriétaires et flotte collective, destinée aux membres du club sans bateau, aux invités et aux opérations « porte ouverte ». Un bateau d’occasion vaut entre 2500 et 8000€, un bateau neuf environ 12 000€ et un jeu de voiles un peu plus de 1000€. C’est un bateau propre à satisfaire bien des « vieux crabes » formés en 420, ayant moins d’abdominaux et d’agilité que jadis, mais toujours passionnés. Le 2.4 mR c’est l’avenir des vieux régatiers !

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